Convictions
Le développement durable, politique de l’hôtel Gavarni
Les hôtels « verts » font exception en France. L’hôtel Gavarni, l’un des premiers, doit sa démarche aux convictions d’un homme, fermement engagé dans ce projet… Xavier Moraga, son directeur.

Hoosta : « Quelles sont vos motivations ? »
Xavier Moraga : « C’est par conviction, c’est une démarche très personnelle. Ce que je fais chez moi depuis des années, je veux le faire aujourd’hui dans mon établissement. L’utilisation de produits issus de l’agriculture biologique, pour des raisons d’hygiène alimentaire et de santé par exemple. Le commerce équitable, les économies d’énergies, les émissions de carbone doivent être pris en compte. S’il y a peu de temps, on n’abordait pas le sujet, il est devenu incontournable. »
Hoosta : « Etes-vous un pionnier ? »
Xavier Moraga : « Pas pionnier, mais un des premiers. La France a du retard dans ce domaine et l’hôtellerie ne fait pas exception. Pour vous donner un exemple, un seul établissement à Paris possède l’écolabel et seulement une dizaine en France, quand on en dénombre bien plus ailleurs. L’écolabel est un label européen qui rend compte des efforts, des démarches et des résultats entrepris en faveur du développement durable. Obtenir ce label est onéreux et tous les hôteliers ne sont pas prêts à en faire la démarche. Mais si certains établissements français sont « verts » sans être labellisés, ils ne sont que des cas à part. D’ailleurs, le marché du bio pour les collectivités est très faiblement développé et les actions gouvernementales pour inciter les entreprises à économiser l’énergie ou à trier leurs déchets sont inexistantes.
Hoosta : « On sent que cette révolution n’est pas évidente ? »
Xavier Moraga : « Et c’est pour cela que j’insiste sur les termes de conviction et de choix. C’est un parcours du combattant, une démarche chronophage. Dans la majorité des cas, nous n’avons pas d’aide, pas d’information et, parfois, pas de réponse. L’un des problèmes majeurs aujourd’hui, c’est le faible développement du marché bio pour les collectivités. Le bio fait parler de lui mais n’en est qu’à ses débuts. Nous manquons de choix et ne trouvons pas les conditionnements adaptés à notre activité. Il faut sans cesse chercher des fournisseurs pour les produits alimentaires ou d’entretien mais aussi pour les installations. S’engager dans une démarche écologique engendre une révolution, source de changements colossaux et de coûts importants. »
En savoir plus sur Xavier Moraga, un ingénieur devenu hôtelier …
Si Xavier Moraga envisageait une carrière d’ingénieur, le destin en a voulu autrement… Il en a fait un hôtelier passionné qui engage son hôtel sur une démarche éthique, rarissime en France!
Hoosta : « Pourquoi avoir choisi d’exercer dans l’hôtellerie?»
Xavier Moraga : « Par hasard et par nécessité! À l’origine, j’ai une formation en ingénierie informatique et en design, c’est pour dire ! Après mes études, j’ai effectué le service militaire, un laps de temps qui m’a fait prendre un certain retard dans ma spécialité et a rendu difficile ma recherche d’emplois. Ne trouvant rien d’intéressant, je me suis réorienté… dans l’hôtellerie! Pourquoi me direz-vous ? Deux raisons : pratiquer les langues, j’en parlais déjà quatre à l’époque, et pour le côté relationnel du métier. J’ai donc suivi une formation et ai intégré en parallèle l’hôtel Gavarni au titre de réceptionniste. C’était il y a maintenant onze ans… »
Hoosta : « Quel bilan tirez-vous de cette reconversion ?»
Xavier Moraga : « Je ne regrette rien! J’aime ce métier même si je ne me considère pas comme un véritable hôtelier, dans le sens où j’ai appris, et continue d’apprendre, sur le terrain ce que la plupart des gens acquièrent dans des écoles spécialisées. Et puis, l’hôtel me ressemble : accueillant et proche de sa clientèle. J’aime aussi cette variété dans mon travail, ce qui serait impossible dans une grosse structure ou une chaîne. Ceci dit, je n’ai pas oublié mes premiers amours et ai, depuis mon arrivée à l’hôtel, créé une société spécialisée dans le design puis une autre dans l’import/export de produits philippins. Je suis un homme de projets, j’aime relever les défis et concrétiser mes rêves… »
Hoosta : « Vous dirigez l’hôtel depuis cinq ans, quels changements avez-vous apporté ? »
Xavier Moraga : « On a procédé à des travaux de rénovations en 2004-2005, concernant essentiellement le rez-de-chaussée et la création de la véranda. Un travail qui m’a permis d’appliquer mes talents en ingénierie et de devenir mon propre maître d’ouvrage! J’envisage d’ailleurs de racheter un hôtel que l’on rénoverait de fond en comble, un projet qui me séduit comme vous l’imaginez! Mais le véritable changement concerne depuis deux ans l’engagement de l’hôtel en faveur de l’environnement et du développement durable. Une décision qui ne s’est pas prise à la légère… Elle révolutionne totalement le fonctionnement de l’hôtel et engendre des coûts importants !
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Être un hôtel vert à Paris, protéger l’environnement et obtenir l’Ecolabel Européen sont des démarches qui ne s’improvisent pas. À l’hôtel Gavarni, au cœur du 16ème arrondissement, on est loin de la stratégie marketing superficielle. Au contraire, les valeurs de l’écologie et du développement durable font partie intégrante des lieux.
Pour Xavier Moraga, son directeur, adapter l’hôtel Gavarni aux normes écologiques s’impose comme une nécessité. Des modifications qui ont demandé du temps, des sacrifices et des investissements et qui, avec l’obtention de l’écolabel, réclameront encore des soins et de l’attention. Mais cela en vaut la peine. D’abord, parce que les éco-voyageurs, de plus en plus nombreux, exigent désormais des hôtels de luxe urbains de prendre en considération l’écotourisme, mais aussi parce qu’être un hôtel écologique, c’est garantir la survie de l’établissement dans le futur. Un enjeu bien compris par l’Hôtel Gavarni qui fête ses 100 ans cette année!
À force de conviction et de persévérance, Xavier Moraga transforme son prestigieux hôtel en un établissement 100% écologique. Mise en place d’ampoules à basse consommation, baisse du débit d’eau dans les douches, compensation carbone, petit-déjeuner bio, distributeurs de savons en lieu et place des échantillons traditionnels, certes moins glamour mais beaucoup plus eco-friendly! Des actions résolument engagées en faveur de la protection de l’environnement récompensées par l’Ecolabel Européen.
Confortable et luxueux, l’hôtel Gavarni ne perd rien de la qualité de ses prestations tout en proposant un environnement écologique et responsable. Un hôtel idéal pour les voyageurs contemporains qui souhaitent faire de l’écotourisme à Paris en profitant d’un service haut de gamme.
Dans cet esprit, l’hôtel propose une «journée verte à Paris», véritable parcours écologique à travers la capitale, ainsi que des adresses écolos et des restaurants bios. Et pour connaître les petits riens qui font la différence pour la planète, le blog de l’hôtel propose des conseils pour être un éco-voyageur averti.
L’engagement citoyen de l’hôtel Gavarni nous rappelle que chacun, à son échelle, doit prendre part à ce combat. Comme l’a si bien écrit Antoine de Saint Exupéry, éco-voyageur avant l’heure, «nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.».
Télécharger la plaquette de l’hôtel Gavarni




mai 22nd, 2008 at 16:23
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